vendredi 17 janvier 2014

Sandrine Gestin - Illustratrice




_ Pouvez-vous vous présenter ?



Je suis illustratrice/peintre depuis 20 ans maintenant et mon univers est celui des elfes, fées et belles dames médiévales.
J’ai commencé par illustrer des couvertures de romans (J’ai lu, Denoël, France Loisirs etc.).
Mais depuis 7 ans, j'écris, compose et illustre des "beaux livres" aux Éditions Au Bord des Continents et j'illustre les encyclopédies du merveilleux (des Héros etc.) au Pré aux Clercs.
Depuis 1999, la majorité de mes images sont faites à l'huile, technique que j'adore et que je continue à explorer, jours après jours.










_ Pourquoi ce choix des fées, des lutins et des chevaliers ? Comment cet univers résonne-t-il en vous ?

J’ai toujours été attiré par le monde médiéval, les châteaux et ses belles dames… Je ne serais dire pourquoi, mais visiter un château me fais toujours vibrer.
À douze ans, j’ai découvert Tolkien et ce fut une révélation. Les Elfes venaient d’entrer dans ma vie ! Et avec eux, la cohorte d’êtres fantastiques comme les Dragons, les Lutins et bien sûr, les fées.
Je crois que ce monde me connecte immédiatement avec celui de mon enfance, avec une certaine vérité personnelle que je cherche à retrouver encore aujourd’hui…








_ Faites-vous beaucoup de croquis préparatoires ?

Je réfléchis beaucoup avant la réalisation d’une image… J’écris et je dessine. Certaines surgissent vite, et d’autres, plus cachottières, mettent du temps à montrer le bout de leur nez. Quoi qu’il en soit, avant de commencer une peinture, je sais toujours où je vais.
C’est une déformation d’illustratrice car les éditeurs, pour lesquels mes images sont réalisées, aiment savoir à quoi va ressembler l’image finale et c’est légitime.
Mais j’aspire à plus de liberté et à me laisser plus guider par ma main et mon instinct plutôt que par ma tête !
Beaucoup de travail en perspective donc !











_ Quelles satisfactions tirez-vous de votre travail ?

Ce qui continue à m’émerveiller, c’est qu’une image surgisse du néant, d’une feuille blanche. Et que chaque création soit unique au monde.
J’aime qu’une image soit totalement inutile et donc fondamentalement indispensable !
Dessiner ou peindre, c’est se mettre entre parenthèse. C’est se retrouver face à soi-même. La toile blanche est comme de miroir. À nous de décider ce que nous voulons qu’il reflète. À nous d’apprendre à laisser paraître l’intime, le vrai, le juste.

_ Qu'est-ce qui, selon vous, caractérise-le plus votre travail ?

Les belles femmes médiévales ou féeriques et l’univers celtique à travers mes motifs et mes frises… Du moins, c’est comme cela que je vois mes images… Mais ce serait intéressant de savoir comment vous le voyez !








_ Qu'est-ce qui vous inspire particulièrement et vous pousse dans le dessin ?

La beauté et la poésie.
Je crois que, même si je m’éloignais de la féerie, la beauté des personnages, des paysages et des ambiances, serait le cœur de ce qui me pousserait à continuer de créer. Et la beauté se cache partout.

_ Comment sont vos rapports à vos personnages ? Ont-ils chacun une histoire, une vie propre ? Sont-ils liés entre eux ?

Non, pas forcément… Certains ne sont que des instantanés et apparaissent et disparaissent presque aussitôt. D’autres, au contraire, sont plus récurrents et clairement affiliés les uns aux autres.
Mais ce sont tous mes « petits » ! D’ailleurs, c’est pour cela que j’ai encore tant de mal à les laisser partir… Bien sûr, je suis plus proche de certains mais cela ne se décide pas.
Lorsqu’on crée, parce que nous sommes de simple mortel, on n’est pas toujours complètement connecté avec le créateur qui est en nous. Alors, c’est le « métier » qui prend le relais… Ce « savoir faire » est indispensable bien évidemment, mais il ne faut pas qu’il prenne le pouvoir... Quelques étincelles de magie doivent se glisser entre les coups de crayon ou de pinceaux.
Et de temps en temps, O miracle, cette magie me fait accélérer le cœur et je sais alors qu’il se passe quelque chose de plus…







_ Selon la technique utilisée, la démarche est-elle différente ? Qu'est-ce qui fait que votre choix ce portera sur le crayonné ou la peinture ?

Les idées qui me tiennent à cœur, j’ai toujours envie de les faire en couleur et en grand. C’est donc la peinture à l’huile qui s’impose d’elle-même.
Il est rarissime que je fasse de grands formats au crayon ou à l’aquarelle.
Le dessin peut prendre toutes les formes, du croquis inachevé à l’image très « léchée » et c’est en cela qu’il est formidable. Souvent, il est aussi plus vivant que l’huile, qui a tout de même la fâcheuse tendance à « figer » les choses.
J’aime peindre les petits animaux (oiseaux, rongeurs etc.) à l’aquarelle car sa délicatesse leur rend vraiment grâce.

_ Qu'est ce que vous aimeriez améliorer ?

Ma façon de peindre… Plus suggérer les choses et moins les dires. Je me sens parfois entravée dans ma technique et j’aspire à casser mes chaines !! Rien que ça !





 

_ Quel serait pour vous le dessin ultime ?

Je préfère chercher que trouver… Mais le dessin (ou la peinture) ultime pour moi serait celui qui reflète le mieux ce que je suis.


_ Quels conseils donneriez vous au personne souhaitant se lancer ?

Se lancer dans ce métier jusque parce qu’on ne dessine pas trop mal ne suffi pas. Ce doit être une véritable passion.
C’est un métier vraiment difficile. Vraiment. On est seul avec soi-même la plupart du temps. Il faut donc aimer la solitude et l’introspection…
Il faut être honnête avec soi-même aussi et chercher à s’améliorer en permanence. L’énergie stagnante finit par croupir !
Mais c’est aussi un métier merveilleux qui offre beaucoup de liberté !






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