dimanche 5 janvier 2014

Le Songe d'Adam, Sébastien Péguin


« Allemagne, Forêt-Noire, de nos jours. C’est dans ce cadre magnifique que s’installent Hugo, chercheur dans le domaine des lettres, et sa fille Morgane, inventive adolescente. Mais la Forêt-Noire est également le cadre de légendes ancestrales, dont certaines seraient peut-être bien plus que de simples légendes…
Et lorsque Morgane commence à percevoir  des choses qui ne devraient pas exister et que les fantômes du passé du père et de la fille semblent devenir plus que des souvenirs, l’horreur surgira, et les disparitions au cœur des bois trouveront une explication que l’esprit humain ne peut concevoir… »


† Chronique †



Pour la réalisation de sa thèse sur Dionysos, Hugo et sa fille Morgane (qu'il élève seul depuis le décès de sa femme Mélanie) s'isolent dans un chalet au cœur de la forêt-Noire. Morgane, souvent abandonnée par son père du fait de ses recherches, trouve dans la carrière de sable non loin de chez eux, un terrain de jeu et un lieu de création. Elle est en proie à d'étranges visions macabres. Hugo est transporté au fil de ses recherches sur tous ces phénomènes inquiétants, au cœur de vieilles légendes qui le mèneront plus loin que tout ce qu'il aurait pu imaginer.

La couverture est à l'image du contenu, sombre et inquiétante.
Nous voici ici en présence d'un conte fantastique horrifique.
Ce fantastique s'installe petit à petit en prenant possession du réel, qui devient terrifiant grâce au pointe de philosophie et de littérature bien ancré.

Un mélange de terreur et de soif de connaissance s'empare rapidement de nous à la manière des personnages, qui crée à mon sens une très grande connivence.
Les scènes décrites sont vraiment très visuels, presque photographique.
Là ou l'on pourrait croire que la quantité d'élément intellectuel pourrait couper le récit, je trouve au contraire que ceux ci nous pousse dans la frénésie de recherche d'Hugo.


Le travail de recherche de l'auteur est impressionnant, les adeptes de mythologie scandinave, légende ou texte biblique auront de quoi être amplement satisfait.


Un livre difficile à lâcher tant le récit est captivant. J'ai pris un réel plaisir à véritablement 'ressentir' l'histoire plutôt que de simplement la lire.


† Entretien avec Sébastien Péguin †


 
Bonjour, tout d’abord je tenais à vous remercier pour votre curiosité et votre générosité. Merci d’avoir pris le temps de lire ce livre, de lui accorder de l’intérêt et de le faire partager. Je suis très sensible à votre démarche et vous en suis très reconnaissant.

Qu'est-ce qui vous a donné envie d'écrire ? Comment en êtes-vous venu à l'écriture ?

Il y a parfois des rencontres qui bouleversent une vie et déterminent un destin. Dans mon cas je n’aimais pas lire et ce jusqu’à l’âge de 13/14 ans, sauf des bédés. Puis j’ai découvert au hasard d’une pérégrination à la bibliothèque de ma ville, un roman de Stephen King : Simetierre. C’est le premier roman du maître que j’ai lu et après ça je n’ai pas eu d’autres obsessions que d’écrire, de faire la même chose et c’est à partir de là que j’ai commencé à rédiger mes premières nouvelles d’épouvante. J’ai continué jusqu’à me sentir assez solide pour partir dans l’aventure d’un roman. Le Songe d’Adam dont on peut repérer les clins d’œil à Simetierre, est en réalité et à mes yeux une sorte de dialogue, de réponse à ce livre. Il y est question de la résurrection par la terre, et je voulais explorer ce thème mais d’une manière plus philosophique, c’est pour cette raison que le livre en contient autant. Disons qu’avant d’écrire le Songe j’avais fait un mémoire d’esthétique (philosophie de l’art) sur Simetierre justement et le thème de la résurrection dans la littérature et le cinéma de genre.






D'où vous vient cet attrait pour toutes ces légendes ? Êtes-vous vous même allé en forêt noire ?

La Hutte de Martin Heidegger, par Daniel Fidel Ferrer.
Les légendes sont fascinantes pour leur profondeur et les multiples niveaux de lecture que l’on peut en faire. Mais ce qui est plus fascinant pour moi, c’est qu’elles sont souvent à la jonction de faits réels possibles. Elles sont une des premières formes de narration, de récit et emportent l’imagination dès la première ligne. Elles façonnent aussi mon imaginaire parce qu’elles ont habité mon enfance, sans pour autant en avoir lu ou entendu beaucoup d’ailleurs. Un autre maître qui utilise beaucoup les légendes ou qui en invente, c’est Graham Masterton. Le lire m’a beaucoup apporté et influencé sur cette utilisation des légendes.

Je ne suis pas vraiment allé en Forêt Noire pour que cela colle avec le roman. Je n’y ai pas fait de randonné pour me faire une idée. Ce dont j’ai parlé c’est plutôt le ressenti que j’avais, à partir des photos que j’ai vues ou de l’atmosphère qui baigne les Vosges puisque leur forêt est la même que celle d’Allemagne. En revanche je suis bien allé à Todnauberg pour aller voir la hutte de Martin Heidegger dont on parle dans le livre.

Avez-vous d'autre projet littéraire en cours ou à venir ?

Oui, je participe à un autre projet, mais c’est complexe et particulier. Je vous informerai quand il sera publié. 


 
Quels conseils donneriez-vous aux personnes souhaitant se lancer dans l'écriture ?

C’est une belle question mais difficile à répondre car nos motivations dans ce domaine sont multiples, et touche des choses profondes en nous. Tout dépend du but que l’on veut atteindre je suppose. J’ai toujours cru et je crois toujours qu’on écrit ou que l’on fait une activité artistique car on a quelque chose à dire, quelque chose que l’on pourrait partager et qui pourrait apporter aux autres. Dans ce sens je répondrai que si vous voulez vous lancer dans l’écriture c’est que vous estimez avoir quelque chose à dire, du moins dire quelque chose que vous aimeriez entendre et entendre avec un son particulier. Les conseils seraient les suivants : dites (ou écrivez) ce que vous avez à dire, dites le bien, ne déviez pas de ce que vous voulez dire, fixez-vous des objectifs (écrire une nouvelle, un roman, une saga, être éditer…) et n’en démordez jamais tant qu’il n’est pas atteint. La conviction et la persévérance sont la clef si celui qui se lance dans ce travail souhaite parvenir à un résultat. Pour ma part j’ai écrit dans différents genres et style, sur des sujets très variés. J’ai toujours écrit et continuerai à le faire peu importe le sujet que cela soit pour moi, mon travail ou pour raconter une histoire. Ecrire est une des manières avec lesquelles je me sens le plus à l’aise pour communiquer avec les autres. L’avant-dernier conseil serait donc de questionner la place et l’importance que prend l’écriture pour la personne dans sa vie et pour elle. Le dernier conseil : lisez, lisez beaucoup, lisez énormément, ne cessez jamais de lire, ou de relire, c’est la base la plus stable pour écrire.


N'hésitez pas à vous procurer le livre et à suivre les activités sur :
Le Facebook du Songe d'Adam 
Le site des éditions de l'Homme sans nom

et dans toutes les bonnes librairies bien entendu.



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