mercredi 21 août 2013

Dark Taz-photography



_ Pouvez vous vous présenter ? 
 
Bonjour, je signe sous le pseudo Dark Taz, mais ceux qui me connaissent m’appellent simplement Taz. Je fais essentiellement de l’urbex, un peu d’architecture et quelques shootings à thème de temps en temps. Cela dit, je n’ai rien contre quelques paysages, pour peu qu’ils aient ce petit plus, ce coté zen, féerique, évasion qui me transporte. J’ai beaucoup de mal à être touché, inspiré, par des fleurs, des petits chatons ou des champs de coquelicots...








_ Qu'est ce qui vous à tout d'abord plus dans l'exploration urbaine ? Comment vous êtes vous impliqué ? 
  Je pratique l’urbex depuis tout petit, je visitais des lieux abandonnés par curiosité, l’envie de savoir « comment c’est dedans ». Au début on commence par les bâtiments près de chez soi, les maisons vides ; et puis avec le temps, on a envie d’autre chose, d’en voir toujours plus. Au début c’était simplement une visite, mais avec le temps, l’envie de repartir avec un souvenir de ces lieux s’est fait sentir, un souvenir que je puisse partager autre que mes pensées, mes anecdotes, mais sans pour autant « voler » des objets sur les lieux. La photo était donc l’outil parfait. J’ai refais certains lieux près de chez moi, et puis rapidement j’ai commencé à chercher plus loin, à chercher autre choses que des usines et des maisons, pour voir des châteaux, des églises, des centrales, des parcs d’attractions….


_ Quel a été votre aventure la plus dangereuse ? Et pourquoi ? Avez vous déjà visiter des lieux vous laissant dans un sentiment d'inconfort ? 
 



Beaucoup d’aventures sont périlleuses, je ne reviens rarement sans quelques éraflures et coupures. Au début l’aventure était un peu trop grande, dans le sens ou l’on ne se renseignait pas sur les lieux. Maintenant, avec le matériel photo, on est un peu plus prudent. Je me rappelle d’une école qui avait été fermé pour cause de mérule dans les planchers, les escaliers tombaient, les marches s’affaissent à chaque pas, une véritable angoisse… Les premières grues étaient très impressionnantes aussi, je me suis souvent dit que je n’arriverai jamais en haut, ou jamais à en redescendre… Il y avait une petite maison aussi, une aventure terrifiantes, remplies de pièges, des marches sciées sciemment pour tomber dans des barbelées, des fils tendues pour tomber, un sceau d’acide au dessus de la porte, une aventure que j’ai vite stoppé… Enfin récemment la visite du Parc de Nara dreamland au japon était risquée. 10jours avant notre visite, 17 photographes venaient de se faire prendre et la sanction étaient lourde : 10.000€ d’amende si mes souvenirs sont bons, expulsion du pays et interdiction de revenir pour 10ans…











_ Explorez vous seul ou en groupe ? 
 
Il faut TOUJOURS partir en groupe, c’est très dangereux de sortir seul, on ne sait pas ce qui peut arriver, qui on va rencontrer… Je sors souvent avec 1 ou 2 photographes, même si j’avoue parfois faire quelques escapades seul, c’est mal, je sais… mais généralement, ce genre de sorties solitaires, c’est sur des spots que j’ai déjà fait, sans danger, et je préviens toujours quelqu’un de l’endroit ou je suis.









Considérez vous que la simple photographie est suffisante, ou certains artifices sont ils nécessaire pour rendre la photo aussi vivante que lorsque vous l'avez capturée ? 
 
Je pense que la photo est suffisante, il suffit juste de trouver le bon angle, et la bonne retouche. La retouche est importante, elle va contribuer à retranscrire l’ambiance. Parfois je vais peut-être donner un effet vieilli, sépia, pour illustrer la nostalgie ; ou parfois tout simplement essayer de parfaire le rendu en travaillant un peu au hdr, mais un hdr très léger (j’insiste sur le « très léger »). J’évite la mise en scène, en général je ne déplace rien. Je me permets juste d’enlever la ‘canette de bière’ ou le ‘sac plastique’ qui gène, ou parfois je modifie légèrement la position de l’objet de quelques centimètres pour avoir une meilleure lumière. Malheureusement on arrive rarement les premiers sur des spots ou d’autres sont passés avant et ils ont fait de la mise en scène. C’était notamment le cas dans une école vétérinaire, c’était assez pénible, des mises en scène dans toute les pièces… Difficile de faire quelque chose de bien naturel.



 _ Beaucoup d'explorateurs sont aussi photographes, pourquoi pensez-vous qu'il est important de préserver ses lieux ? 
 
Il est important pour nous explorateurs, de ne pas abîmer les lieux au-delà de ne pas gâcher le plaisir des autres explorateurs, peut-être que ces lieux trouveront une seconde vie un jour, il est donc vital de ne pas les dégrader davantage. Entre les pillards, les vandales, les graffeurs et autres, les bâtiments sont mis à rude épreuve. La photo est aussi un bon moyen de préserver les lieux, de garder une trace pour les générations futures de toutes ces œuvres qui parfois disparaissent. Le patrimoine c’est notre histoire, une partie de notre civilisation. Certains événements font disparaître des morceaux de notre histoire, et quel dommage de ne pas avoir de beaux souvenirs de l’intérieur. L’église Saint-Jacques d’Abbeville en est la preuve.



_ Avez-vous un intérêt pour l'histoire, ou vous intéressez vous davantage au côté insolite ?

Oui, j’aime beaucoup me renseigner sur les lieux, connaître les anecdotes de sa construction, ses propriétaires, pourquoi il est à l’abandon depuis. Cela contribue à apprécier les photos et à expliquer l’ambiance.


_ L'urbex est souvent considéré comme illégal. Considérez vous cela comme juste, avez vous déjà eu des problèmes par rapport à cela ? 
 
Paradoxalement, oui je trouve cela tout à fait normal. On ne peut pas permettre à n’importe qui d’entrer n’importe où. Bien sur tout photographe dira qu’il n’est pas « n’importe qui », mais certain lieu comporte des risques, rendre l’urbex « légal » reviendrai à encourager tout le monde à le faire. Si je me blesse, c’est de ma faute, je n’avais qu’à pas être là, je ne peux m’en prendre qu’à moi-même. Rendre cela légal ouvrirait la porte à des procès multiples de gens qui seraient blessé dans ces lieux etc…Ce serait la porte ouverte à des accidents, mais aussi à des dégradations/pillages sous des pseudos airs « d’urbex »… En général, j’évite de me faire prendre, c’est le meilleur moyen de ne pas avoir de problèmes. ;o)



 
_ L'exploration ultime pour vous ? 
 
Assurément Gunkajima – Hashima Island L’île de Mitusbitchi abandonnée au japon dans la préfecture e Nagasaki. Un rêve, qui m’est inaccessible… J’espère un jour, mais c’est très très compliqué à faire.

_ Quels conseils donneriez vous au personne souhaitant se lancer dans la photographie urbaine ?

Au risque de paraître prétentieux, je dirai : Ne commencez pas l’urbex ! Si vous êtes entrain de vous poser la question, c’est que finalement vous n’êtes peut-être pas fait pour ça. Beaucoup de personnes trouvent attirant l’urbex par effet de mode, pour se donner un air « rebelle » pour « avoir des sensations », ou pour certains photographes, ajouter une rubrique à leur book. Personnellement je n’aime sortir qu’avec des gens qui ont une vrai passion pour les lieux, qui ne veulent pas « épater la galerie » mais s’immerger dans le passé. J’aime m’asseoir en haut de ma grue, admirez la ville, chercher le meilleur angle, la plus belle vue, méditez à 50mètres de haut. J’aime m’allonger dans cette église en ruine, être face au pupitre de cette centrale, et imaginer la vie, chercher à retranscrire le passé de ces lieux en une photo. On ne fait pas de l’urbex pour se faire un nom, pour se vanter le dimanche entre amis. Si vous n’avez de passion pour ces lieux, alors votre travail va être insipide, et pire, vous donnez une mauvaise image au public de l’urbex. Par contre si vous avez envie de plonger dans le passé, mettez à jour vos vaccins (surtout tétanos) prenez une lampe, du PQ (plus utile qu’on ne le pense) des pansements, et lancez-vous. Mais n’oubliez pas une chose, si vous vous blessez, ce sera votre responsabilité, pas celle de la mairie, du propriétaire qui laisse ouvert, du département etc…. Non, assumez-vous, vous entrez à vos risques et périls.



N'hésitez pas à suivre les explorations de Dark Taz, via :
Son Facebook 
Son Site, qui est encore en phase construction

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