mercredi 6 février 2013

Sire Cédric


_ Une petite présentation ?

Je suis auteur de thrillers assez musclés, nourris de légendes et de superstitions. Je dirais qu’on se retrouve entre roman d’aventures et récit d’horreur, où le surnaturel surgit souvent au cœur du quotidien…

_ Comment s’est passé votre parcours ? A-t-il été difficile de vous faire une place parmi la multitude d’auteurs du genre ?

Tout est arrivé progressivement. J’ai écrit des histoires comme j’avais envie de le faire, des éditeurs ont été intéressés pour les publier et les lecteurs ont bien aimé les lire. Je crois que j’ai eu beaucoup de chance ! Mon seul vrai problème, c’est que je reste difficile à classer aux yeux des libraires, qui ne savent pas dans quel rayon me placer (alors que le code-barre est bien référencé en « thriller » !).





_ Comment voyez-vous l’évolution entre L’enfant des cimetières et De fièvre et de sang ?

 

Je n’ai pas l’impression d’avoir changé de style. Le mélange des genres a toujours été au cœur de mes histoires. Mon goût pour les scènes d’action et les situations horrifiques également. Cela dit, je mets un point d’honneur à ne jamais écrire deux fois la même chose. Je veux pouvoir promettre au lecteur une nouvelle expérience à chaque fois. Et qu’il sache qu’elle sera encore meilleure que la précédente !

_ Pourquoi ce genre du « thriller fantastique » ?

C’est tout ce que j’aime, j’ai grandi en nourrissant mon imaginaire de films d’horreur et de thrillers surnaturels. Aujourd’hui, quand j’invente mes propres histoires, j’écris tout simplement ce que j’aimerais lire !

_ Parlons de vos personnages : Que représentent-ils pour vous ?

Je suis très attaché à chacun d’eux. De la profileuse albinos au commandant de la criminelle tout en muscles et visage cassé, ils sont très spéciaux, plus grands que nature. Je m’amuse à les placer dans des situations incroyables pour voir comment ils s’en sortent… Leur vie devient alors un chemin initiatique, et eux des symboles de ce que chaque être humain peut être amené à devenir et à traverser, un jour…






_ Vous avez choisi de faire d’Eva Svärta un personnage albinos, pourquoi ?

Pour l’aspect visuel, tout d’abord, et pour l’étrange poésie de son apparence. Comme je le disais à l’instant, j’aime forcer le trait. Dans le cas d’Eva, c’est sa différence, la différence qu’on a tous au fond de nous, avec nos doutes et nos peurs d’enfants. Sur elle, cette différence intérieure se voit de manière extérieure. Je voulais qu’elle soit un paradoxe vivant. D’ailleurs, elle se voit comme monstrueuse alors qu’elle est en réalité très belle. Juste… d’une beauté inhabituelle, avec des yeux écarlates et des cheveux blancs de lait.

_ Le nom de « Svärta » signifie « noir » dans les pays scandinaves si je ne me trompe, est-ce ainsi que vous voyez votre personnage ?

Toujours ce paradoxe, ce jeu entre le visible et l’invisible, notre apparence et notre cœur secret. C’est la définition de tout ce qu’est Eva. Son nom de famille, Svärta, en suédois, c’est la couleur des ténèbres, et aussi l’idée d’obscurcir, de faire sombrer. C’est un personnage pâle comme la neige mais avec une hérédité et un destin faits de noirceur absolue.

_ Le sang est récurrent, parfois apparaissant dès le titre, une raison à cela ?

Je plaide coupable, j’aime le voir couler ! Il fait partie de mon univers esthétique. J’ai toujours assumé le fait d’écrire une littérature viscérale et charnelle. Encore et toujours, cette poésie de l’étrange, cette esthétique du corps malmené. J’ajoute que le sang, dans mes histoires, est toujours un véritable moteur narratif : si on l’enlève, l’histoire ne fonctionne plus.


 _ Y a-t-il dans ce que vous écrivez, une métaphore de vos propres cauchemars ?

Bien sûr ! Je dirais même que c’est la source de ma création. J’extériorise mes peurs profondes et je les transforme en œuvres d’art. Comme le dit si bien Stephen King, pourquoi payer des fortunes pour raconter nos rêves à un psy alors qu’on peut les écrire et être payés, nous, pour ça ?

  

_ Le cinéma vous influence-t-il ? Comment ?


Les meilleures histoires, je les ai souvent découvertes au cinéma. Les griffes de la nuit avec ce concept extraordinaire de monstre qui tue les adolescents dans leur sommeil, Lost Highway avec cet homme qui fait un déni total du meurtre qu’il a commis et qui s’imagine une autre vie… ce jeu constant avec le rythme, avec ce que le spectateur voit et ne voit pas… Quand j’écris, j’emprunte naturellement au cinéma ses nombreuses techniques de point de vue, pour découper mes scènes de manière efficace par exemple, ou pour orienter le regard du lecteur sur ce que je veux lui montrer, de la même manière qu’on fait un gros plan ou un traveling. Enfin, et qu’on le veuille ou non, je pense que les codes de narration des séries télévisées ont profondément changé la manière d’écrire de TOUS les auteurs, ces quinze dernières années.

_ Vos livres sont-ils des sortes de « parties » de vous ?

Ils sortent de mon esprit, donc oui ils sont, physiquement, des petits bouts de moi ! Mais ce qui est fascinant avec la création intellectuelle c’est qu’elle vous échappe. Une fois le livre publié, il cesse totalement de m’appartenir, ce n’est plus dans ma tête que l’histoire existe mais dans l’imagination des autres, démultipliée, différente pour chaque lecteur.




_ Vos romans, vos incantations par exemple, sont toujours très ancrés dans le réel, est-ce une façon de mieux vous en évader ?

Plus je progresse en tant qu’écrivain, plus je me rends compte de la nécessité d’ancrer mes histoires dans la vie réelle. Je tiens vraiment à marquer le lecteur, à ce qu’il tourne les pages de manière compulsive. Pour que cela se produise, il faut que je lui parle de ses peurs, de ses espoirs, de ses joies et de ses blessures. De choses qu’il connaît, et qu’il peut imaginer comme lui arrivant à lui. Sinon, il restera extérieur à l’histoire, elle ne le touchera pas.

_ Quels conseils donneriez-vous aux personnes souhaitant se lancer dans l’écriture ?

Lire. Il n’y a pas d’autre secret. Lire et lire encore.




Et pour suivre son actualité, n'hésitez pas à vous rendre sur : 

1 commentaire:

  1. Sire Cédric,vous êtes un auteur de grand talent,original et sachant manier la langue Française!

    RépondreSupprimer