jeudi 7 février 2013

Magali Villeneuve - La Dernière Terre

 



_ Pouvez-vous vous présenter ? 

Je suis Magali Villeneuve, illustratrice professionnelle depuis un peu plus de six ans pour l'édition et dans l'industrie du jeu Outre-Atlantique. 
 

_ Qu'est ce que La Dernière Terre

La Dernière Terre est une saga de dark fantasy en six tomes, publiée aux éditions de l'Homme Sans Nom, et co-scénarisée par l'illustrateur Alexandre Dainche.






_ Pourquoi votre histoire a t-elle un tel ancrage dans la réalité ? 

Parce que je me reconnais moins dans les récits où la part "magique" est trop présente. L'humain "normal"m'inspire davantage, et j'adore pouvoir en traiter les méandres dans un cadre de dark fantasy. Car la dark fantasy permet ce juste dosage entre la réalité et tout ce qu'elle peut avoir de complexe et sombre, avec ce petit quelque chose "hors du monde réel" qui permet d'exalter de grandes et nobles notions, un souffle épique qu'on ne peut traiter de manière tout à fait crédible dans un texte absolument terre à terre.

 

_ C'est votre première dans ce que je dirais 'l'écriture' comment l'avez vous ressenti ? Satisfaite ? 

Je l'ai d'abord ressenti comme une surprise car ça s'est fait pour ainsi dire par hasard. Ensuite, ma satisfaction vient surtout du retravail que cette publication a imposé au texte. J'ai réellement la sensation que ce travail éditorial a apporté un réel plus au roman, et j'en suis ravie.

_ Vous travaillez principalement en binôme, comment cela se passe t-il concrètement ? 

Le scénario est élaboré à deux dans ses grandes lignes. Ensuite, je suis seule en charge de l'écriture, puis une fois cette dernière achevée, Alexandre lit le résultat, et apporte son avis, ses propositions, son éclairage au texte. Si nécessaire, je retravaille donc ensuite sur cette nouvelle base juqu'à ce que nous soyons tous deux satisfaits. 

 




_Vous avez réuni autour de ce projet bon nombre d’illustrateurs de talent, notamment pour réaliser un
cahier-artbook. D’où est venue cette idée et comment avez-vous géré cela ?

A la base, le livret n'était prévu que pour contenir nos illustrations, à Alexandre et moi-même. Puis Alex s'est dit que ce serait encore plus intéressant de voir la vision que des artistes très variés pourraient avoir du texte. Une façon comme une autre d'illustrer le fait que, d'un lecteur à l'autre, l'imagination ne travaillera jamais tout à fait de la même façon. Je trouve ça assez fascinant, et amusant aussi ! C'est Alex qui s'est occupé de contacter les artistes et de leur proposer le projet. Tous ceux qui figurent au sommaire ont accepté avec beaucoup de gentillesse, et ce malgré des emplois du temps souvent chargés. Nous avons donné à chacun le choix entre diverses thématiques/personnages, et ils ont travaillé en roue libre sur ce qui les motivait le plus. Autant que faire se pouvait, nous n'intervenions absolument pas, afin d'avoir le résultat le plus "varié" possible.

 

_ Le prochain tome aura le droit à Une préface par John Howe ! Qu'est ce que ça vous à fait ? 

Là encore c'était une surprise, car cela s'est fait par l'entremise de Cent Alantar, un grand artiste également présent dans l'annexe. Nous l'en remercions d'ailleurs chaleureusement. John Howe a été, et est toujours, un puissant vecteur d'inspiration pour nombre d'illustrateurs du genre fantasy à travers le monde. C'est un grand honneur d'avoir pu lui envoyer notre livre et savoir qu'il l'a suffisamment estimé pour accepter d'écrire le superbe texte que nous avons reçu de sa part.


_ Pouvez vous nous en dire plus sur cette suite qui arrive d'ici un petit mois ? 

Pour ceux qui auraient lu le premier livre, cette suite prend place quelques semaines après les événements précédents. Ce tome 2 précise la structure que nous avons voulu donner à l'ensemble de la saga, à savoir une accélération, une "montée en puissance" graduelle mais continue. L'intrigue principale prend un tour encore nouveau, les mystères se font plus prégnants, et les personnages se révèlent davantage. Si je devais lui allouer un qualificatif, je dirais qu'il est dense, que ce soit pour la richesse de l'intrigue que les aspects émotionnels, lesquels tiennent une place de premier plan dans La Dernière Terre.



_ Faites vous beaucoup de croquis préparatoire ?

Pour mon travail d'illustratice ? Non, très peu. Je suis du genre fonceuse tête baissée, pas assez patiente pour chercher, recommencer... Quand j'ai une idée à l'esprit, elle est généralement très précise, et le défi réside plutôt dans le fait de la retranscrire de la façon la plus satisfaisante possible. Du coup, ce que je dessine est une traduction plutôt spontanée de mon imagination. 

 

 

_ Quelles sont vos méthode de travail au niveau du dessin ? Numérique ou bien associez au travail classique au crayon ? 

Le crayon d'abord pour l'esquisse, puis la peinture en numérique ensuite. C'est important de ne pas perdre le contact avec au moins une technique traditionnelle. Le numérique fait prendre des automatismes parfois traîtres. Comme le fait de pouvoir effacer/recommencer facilement sans tout gâcher. En cela, le dessin dit "traditionnel" est plus exigeant car il oblige à être plus attentif. Mais il ne faut pas croire pour autant que le numérique est une sinécure. Nombre de gens se méprennent au sujet de cette technique en la croyant plus accessible que n'importe quelle autre. C'est là, je crois, un cheval de bataille récurrent pour nombre de mes "collègues" et moi-même : faire comprendre au public que notre mérite n'est pas moindre.

_ Qu'est ce qui vous inspire ? 

Outre les réalisations d'autres artistes, évidemment, je puise énormément d'inspiration dans la musique, que j'ai en permanance dans les oreilles durant mes 12 heures minimum de travail quotidien.



 _ Pourquoi Les éditions de 'l'homme sans nom' ? 

Parce que j'avais suffisamment vu cet éditeur travailler pour savoir qu'il y aurait un vrai travail littéraire, très pointu, qui serait effectué sur le texte. Rien de tel que l'expertise d'autrui pour devenir soi-même meilleur, c'est un fait qui s'est avéré tout au long de ma carrière d'illustratrice. C'est vrai dans tous les domaines.
Et aussi parce que c'était l'éditeur du Cycle d'Alamänder par Alexis Flamand, un auteur que j'estime beaucoup depuis plusieurs années. Et comme dirait ce dernier : faites-vous une fleur, lisez Alamänder !



 
 _ Quels conseils donneriez vous au personne souhaitant se lancer ?

Pour se lancer dans l'illustration, je conseillerais à ces personnes de s'assurer en amont de leur propre conviction. Le milieu est dur et on peut parfois l'idéaliser avant de plonger dedans. La force de travail et la faculté à se remettre en question en permanence, ça peut paraître bateau, mais ça relève littéralement de la survie pour un illustrateur. Et aussi : avoir une idée très précise de ce que l'on a à offrir. Rares sont ceux qui peuvent se targuer de savoir tout faire avec une excellence égale. Mieux vaut connaître ses atouts principaux pour se "vendre" de manière judicieuse.

Pour ce qui est de l'écriture, je ne m'estime guère en position de donner le moindre conseil ! Je dirais simplement qu'il faut savoir pourquoi on écrit, et ne jamais perdre ce "pourquoi" de vue, même une fois le livre signé chez un éditeur. C'est déstabilisant de voir son texte "partir" et se retrouver entre nombre de mains étrangères. On peut vite s'égarer et se noyer dans l'opinion des autres, du lectorat ou des chroniqueurs, et c'est là qu'il faut faire preuve de discipline. Ce ne sont pas les "autres" qui tiennent votre plume, et je pense qu'il faut savoir les laisser à la porte de votre bureau quand vous vous remettez au travail, au risque de pervertir un peu de votre propre "fraîcheur".





Pour suivre l'actualité de La Dernière Terre, n'hésitez pas à vous rendre sur :

Et bien sûr, vous pouvez-vous procurez le tome 1 sur 
 

Aucun commentaire:

Enregistrer un commentaire