jeudi 24 janvier 2013

Vyrhelle-Dessinatrice

_ Pouvez-vous vous présenter ?

Bonjour, je me nomme Virginie Léonard, mais on me connaît beaucoup plus sous le pseudonyme de Vyrhelle. J'ai 34 ans, du signe du taureau pour ceux que ça intéresse. Sinon, je suis maman, franco-galicienne et je vis dans la région lyonnaise depuis presque 15 ans mais originaire du sud du Jura.

_ Pourquoi la Bande dessinée ?

Je crois que depuis que je suis gamine, j'ai toujours eu goût pour deux choses : le dessin et rêver des histoires fantastiques. Je devais avoir douze ou treize ans quand j'ai réalisé que la BD conciliait les deux et que j'ai réalisé mes premières planches. A quatorze ans j'avais un album entier réalisé par simple plaisir et à dix-huit, j'en étais au quatrième volume d'une BD que je garde amoureusement dans un tiroir de mon bureau. Elle n'a rien de publiable, évidemment, mais ça a nourri mon amour pour le 9° art, qui est resté assez fort pour que je n'envisage pas un autre métier.




_ Pouvez-vous nous parlez des Chroniques d'Arcéa ?

Les Chroniques d'Arcea est une série d'albums dont le premier tome est sorti l'année dernière et dont le deuxième volet est en cours de réalisation. Il est prévu de faire 8 à 9 tomes en tout. Et si l'univers plait vraiment, j'ai même une suite possible. Bref, c'est une vraie série avec une histoire qui serait un mélange du Seigneur des Anneaux et des mythologies anciennes, grecques en particulier.

Mais les Chroniques d'Arcea sont avant tout une histoire qui me tient à cœur, dans un univers médiéval-fantastique qui a été développé pendant plusieurs années. J'ai toujours eu un goût très prononcé pour la fantasy, les légendes et l'Histoire. Et je dois avouer que les Chroniques contiennent tout ce qui me plaît, tant au niveau de l'histoire que des personnages, de l'esthétique ou des couleurs. C'est une œuvre qui a des côtés très personnels aussi. Et je suis partie du principe que si elle me plaisait à moi, elle plairait forcement à d'autres personnes.


 

_ Comment procédez vous dans l'élaboration de vos planches ? Avez-vous d'abord un scénario en tête, ou plutôt des dessins ?
 
J'ai plutôt un scénario en tête. Il est même bien en place pour tous les albums prévus, car l'histoire a été travaillée bien avant le dessin. Je vois souvent l'histoire comme des scènes d'un film qui s'agencent dans ma tête et qu'il faut que je mette sur papier ensuite. De ces scènes, je sors un découpage que j'agence en fonction des pages que j'ai dans chaque album. Et du découpage, vient un storyboard parfois très succinct parfois très poussé en fonction de la netteté de la scène que j'ai en tête. Il m'arrive de ne dessiner que le cadre si la scène est parfaitement définie dans ma tête.

C'est seulement après tout ça que vient le dessin réel et la couleur. Comme la finalisation d'un gros travail en aval, la concrétisation d'une longue réflexion




_ Sentez vous une évolution de votre style de dessin au fil des différents tomes ? Cela a t-il un impact particulier ? 
 
C'est un peu prétentieux de dire si je vois une réelle évolution en deux tomes, dont un seul publié, mais oui, je sens une évolution quand même. Surtout dans ma vitesse de réalisation. Mon trait est plus rapide plus juste et j'y gagne beaucoup en assurance, mes personnages sont plus vivants et mes décors plus fournis. J'espère que cette évolution continuera encore longtemps.




_ Qu'est ce qui, selon vous, caractérise le plus votre travail ?

 

C'est une excellente question à laquelle il n'est pas facile de répondre. Je suis la plus mal placée pour être vraiment objective sur mon travail. Mais essayons quand même. Je dirais déjà la « propreté » de mon trait. Je travail en ligne claire, en traits plutôt doux. Ensuite, je suis assez perfectionniste et friande de détails, au point de passer parfois pas mal de temps à trouver l'esthétique d'un meuble, d'un vêtement ou l'architecture d'un bâtiment. J'ai aussi un certain goût pour les choses épurées. Mais je crois qu'on retient souvent mon travail pour mon travail des lumières et des ambiances colorées. Pour ça j'ai été et suis toujours très influencée par le travail de mon mari qui est photographe.






 _ Avez-vous un personnage préféré dans « les Chroniques d'Arcéa » ? Si oui, Lequel et pourquoi ? 


Elwen, sans la moindre hésitation. Elle a un caractère assez proche du mien sous certains aspects ce qui fait qu'elle est très concrète pour moi. Comme une actrice que je dirige mais qui improvise souvent et que je laisse évoluer d'elle-même. En plus, elle a le physique que j'aurais voulu avoir, elle est forte et fragile en même temps, instinctive et passionnée, toute en contraste... Elle incarne vraiment l'image que j'ai d'une femme, une vraie.


_Quels conseils donneriez-vous à ceux qui souhaitent se lancer ?
 
Qu'il faut être réaliste et passionné en même temps. Passionné, parce que sans passion, ce n'est pas un métier supportable. Il est extrêmement chronophage et éprouvant, surtout quand il est envisagé professionnellement.
Réaliste, parce qu'il faut bien voir que le monde de la BD est un monde aussi commercial que créatif, et que cela demande de jongler entre ce que l'on veut créer et ce qu'on va vous demander de réaliser. Et tout ça pour un métier pas forcement bien reconnu ni rémunéré. Les jeunes auteurs cumulent très souvent leur travail BD avec un autre boulot.
Et que les auteurs qui, comme moi, gèrent dessin, couleur et scénario, l'autoédition est très très souvent la seule voie qui s'offre pour exploiter son travail. Et là, c'est encore plus exigeant, puisque l'on fait plusieurs métiers en même temps. Mais j'avoue que j'ai choisi cette voie en connaissance de cause, donc d'autres le feront aussi. Mais ce n'est pas tous les jours rose.





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