jeudi 10 janvier 2013

Olga Valeska


 
Pouvez-vous vous présenter ?
 

Mon nom est Olga Valeska, je suis une artiste photographe indépendante de 21 ans spécialisée dans la photographie d’art conceptuelle, le portrait créatif et l’autoportrait.


Comment décririez-vous votre univers ? 



Kaléïdoscopique! Il y a tellement de choses qui m’intéressent, de styles différents… J'aime cette phrase de Xavier de Maistre qui résume assez bien mon sentiment à ce sujet: «Mon âme est tellement ouverte à toutes sortes d'idées, de goûts et de sentiments; elle reçoit si avidement tout ce qui se présente» (Voyage autour de ma chambre) Ceci dit si je ne devais retenir que quelques qualificatifs je dirais baroque, mystique, folklorique, romantique, symbolique et parfois un peu psychédélique.




Vous semblez-être, la plupart du temps, votre propre modèle ? Est ce par choix ? Pourquoi ?



En effet, c'est par choix que je me suis spécialisée dans l'autoportrait. J'aime cette grande liberté qu'offre cette démarche. Je photographie quand je veux, où je veux... et ces images ne sont faites que pour plaire à moi-même. De plus, l'autoportrait me permet de maîtriser mes photographies de bout en bout, d'aller plus loin dans mes idées et ainsi de créer des images plus personnelles, qui me ressemblent et me parlent vraiment. Enfin, j'ai toujours beaucoup aimé être seule, ou bien en compagnie d'amis imaginaires... J'aime ces grands moments de solitudes propices à la rêverie et donc à la «création».


 






Qu'est ce qui vous inspire pour vos photos ?



Mon univers, mes rêves... et puis un je ne sais quoi! Très souvent certaines idées, certaines images m'apparaissent sans que je sache vraiment ni pourquoi ni comment. Mais l'inspiration est toujours là, un peu envahissante même. J'ai toujours envie de créer d'inventer, de transformer... C'est une envie presque frénétique! Mais c'est comme ça que je me sens vivante. Je déteste le vide et l'ennui.


 





Olga est je crois, un personnage que vous avez inventé. Il suggère fortement la Russie. Le folklore de ce pays vous interesse t-il particulièrement ? 



Un personnage inventé… oui et non! Seul le nom est inventé: le «personnage» en revanche est bien réel. Et puis tout le monde m’appelle comme cela désormais, c'est un peu comme si j'avais définitivement changé d'identité. En réalité, j'ai choisi de me «cacher» derrière ce nom pour protéger ma vie privée et garder un certain anonymat. Aussi pour opérer une forme de dédoublement. D'un côté il y a Olga, une personnage assez théâtral, qui aime les extrêmes, le dépassement de soi-même. De l'autre côté il y a une personne plus simple et discrète, qui essaye de préserver une forme de vie secrète. Ce qui est paradoxal car avec ma démarche de l'autoportrait on s'expose forcément au regard des autres. Sinon, oui, la Russie est une de mes grandes passions, parmi tant d’autres! Mais c'est une Russie un peu rêvée. Disons plutôt que c'est le pays qui est le plus proche de mon propre pays imaginaire, un pays un peu polymorphe aux influences très diverses! Ce que j'aime dans la Russie c'est le mystère, la profondeur, l'exubérance et le secret tout à la fois. Et puis visuellement, ces couleurs chatoyantes, ce côté très baroque. Mais je me limite pas qu'à la Russie, il y a tellement de choses qui m'intéresse, parfois même cela m'embête de n'être associée qu'à ça à cause de mon nom. Je suis vraiment intéressée par tous les folklores, tout ce qui touche aux vieilles traditions, aux mythes et aux légendes, au rapport à l'irrationnel et à Dieu. Je pense que tout cela se perd un peu de nos jours et c'est bien triste. Mais cela est déjà une autre histoire.





 

Pouvez vous nous parler de vos projets ?



En ce moment à vrai dire, mes projets personnels sont un peu mis de côté, car je reçois beaucoup de commandes. Ceci dit, des projets j’en ai toujours à revendre, même s’ils ne sont pas toujours programmés à l’avance ni toujours très descriptibles. Disons que mon inspiration est extrêmement imprévisible, je photographie énormément sans que je puisse appeler mes séances des projets, bien distincts les un des autres. Cela fait partie d’un tout. Je ne sais jamais ce que me réserve ma journée du lendemain. Je me réveille toujours avec une idée différente que je n'avais pas encore la veille... J'ai toujours envie de créer, d'agir... de vivre!


 


Comment en êtes vous venue à la photographie ?






J'ai découvert la photographie assez tardivement à vrai dire. Pendant mon enfance j'ai été tenue éloignée pendant longtemps des «nouvelles technologies» -si je puis dire-! Pas de télévision, pas d'ordinateur, donc pas d'appareil photo à portée de mes mains jusqu'à mes 19 ans, ce qui par ailleurs a beaucoup contribué à développer mon imagination. Je dessinais beaucoup, je lisais, je faisait un peu de peinture, de sculpture... et déjà beaucoup de «mises en scènes» d'une certaine façon: construire des cabanes, des objets, des maisons ou des villes en miniatures, décorer ma chambre, inventer des univers... Je pense que la photo s'est imposé à moi car d'une part cela me permet de rassembler toutes ces passions sans en mettre de côté une seule. mais surtout d'avoir un accès plus rapide à l'imaginaire, d'estomper les frontières entre rêves et réalité. Lorsqu'on regarde une photo, on est plus porté à croire que l'événement qui est photographié s'est réellement produit, contrairement à une peinture ou à un dessin. Alors, parfois je regarde mes photos comme un album de tous mes rêves, des rêves qui ne deviennent pas nécessairement tous réalité -ce ne serait plus des rêves-, mais qui sont réalité, puisqu'ils sont en moi.


 





 Lors d'une séance photo, avez vous au préalable une préparation particulière où êtes vous plutôt du genre à improviser ?



Cela dépend des photos. Pour mes commandes, oui toujours, je dirais même énormément de préparation. J'y passe un temps fou, à vrai dire. Trouver un thème approprié à la personne, chercher un lieu original, dénicher un costume ou prendre le temps de le créer, réfléchir au maquillage et à la coiffure, installer une mise en scène... sans parler de la prise de vue en elle-même et de la retouche: au moins 70 heures de travail pour une commande relativement basique. Pour les autoportraits en revanche, j'aime garder cette part de liberté et de légèreté. Donc même si cela nécessite parfois tout autant de travail, j'improvise beaucoup et tout me semble plus naturel, sans contraintes.


La photographie est-elle finalement une sorte de thérapie pour vous ?



Au début, ça l’était en partie effectivement. Ca l'est peut-être encore certaine fois. Seulement je ressens beaucoup moins le besoin de parler de moi, de définir mes contradictions, une démarche assez égocentrique dans laquelle je ne veux surtout pas tomber. Il fut un temps où je souffrais de me sentir incomprise et d'être obligée de m'éloigner de moi-même pour m'adapter au monde, et la photographie a été comme une sorte de revanche. Pour la première fois à l'aide d'images, ce qui était bien plus facile qu'avec des mots, je pouvais enfin expliquer qui je suis vraiment! Et puis j'ai commencé à me lasser de cette extraversion excessive, de ce romantisme narcissique et adolescent si j'ose dire. Je me suis rendu compte que chercher à être reconnu est une grande perte de temps. Ce qui me motive depuis quelques mois, c'est cette envie de créer irrépressible, de me réfugier dans un univers de beauté et de rêves, de chercher tout ce qui me manque, de (me) raconter des histoires. Bien sûr, je parle toujours nécessairement de moi, d'une façon ou d'une autre. Mais si à un 
moment j'ai cherché à me retrouver, maintenant je cherche plutôt à m'oublier.


Quels conseils donneriez vous aux personnes souhaitant se lancer ?



Se lancer, justement! En photographie, il y a tellement de personnes qui vous rappellent ce qui est bon de faire ou non, et qui vous parle de technique alors que vous ne vivez que pour le rêve, la beauté, la magie... Se lancer, être passionné... Avoir de grands rêves et se donner les moyens de les réaliser. Ne pas chercher à ressembler aux autres, même si être soi-même ne plaît pas toujours. Avoir de la patience, de la témérité et de l'humilité. Et puis surtout, ne jamais penser que tout nous est acquis. Mais je crois que tout cela ne se limite pas au domaine de la photographie!


N'hésitez pas à vous rendre sur ces différents liens pour en voir plus : 




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