lundi 15 octobre 2012

1ere Interview : Lucy P




_ Peux-tu te présenter en quelques mots ?

En deux mots, je dessine ; sans concept ou ambition particulière, je suis une amatrice qui se plait à dépeindre un peu tout ce qui lui passe par la tête avec une grande jouissance cathartique, dans un coup de crayon plus ou moins heureux. Par amour pour le contact du papier, le son du critérium qui glisse sur le canson et autres joyeusetés je n’utilise pas d’outils informatiques, tout est old school : encre, crayon et aquarelle.

_Qu'est ce qui te plait dans le dessin, qu'est ce qui t'a amené à le pratiquer ?

Le dessin est un moment d’expression et de détente, un moment que l’on peut dédier à soi ou partager avec d’autres, que ça soit en dessinant avec des amis ou en exhibant un magnifique bonhomme patate, résultat de 3h de labeur qui vous vaudra forcément une douche de compliments. Dessiner est bon pour la dextérité et l’humeur, ne requiert pas une forme physique particulière et ne coûte pas cher ! il suffit d’une feuille A4 et d’un criterium et l’infini est à portée de main. Si après ça vous n’êtes pas convaincus…
Quant à ce qui m’a amené à le pratiquer je ne saurais dire, le dessin a toujours été naturel pour moi et la raison s’est perdue dans les limbes de mon enfance.

_ Quels genres d'univers aimes-tu représenter ? Y a-t-il une raison particulière à cela ?

C’est assez varié mais l’univers qui m’attire le plus est celui du fantastique. Le dessin n’est pas soumis aux limites du réels alors les elfes, fées, zombies, sirènes et autres créatures mythiques sont au rendez-vous. Cependant n’adopter qu’un seul genre ça n’est pas drôle, alors beaucoup de mes dessins ont également une atmosphère sombre, un avant-goût de fin du monde ou tout simplement un thème horrifique. Cela les rend plus riches et interpelle celui qui les regarde. De plus il ne faut pas rejeter le côté obscur, il y a des cookies.
Mais les univers intéressants à représenter sont aussi ceux des autres, dessiner pour quelqu’un entraîne à exercer un autre style et à s’ouvrir à d’autres horizons, ce qui est très enrichissant également.

_ Quelles sources d'inspirations as-tu ? Des artistes fétiches ?

Mes inspirations viennent d’autres formes d’art comme la littérature, le cinéma, la musique, ou naturellement d’expériences personnelles. Elles viennent aussi des gens tout simplement, comme il est plaisant de se moquer (gentiment) des petits travers de nos contemporains ou relativiser leurs affronts par quelques caricatures…
Au titre d’artistes fétiches beaucoup de mangakas devraient figurer, au vu de combien j’ai pu pomper leur style (ne me blâmez pas, Shakespeare, pour n’en citer qu’un seul, s’y adonnait souvent). Mais ces dernières années ce sont les peintres préraphaélites qui m'ont le plus impressionnée. En particulier Waterhouse et Millais dont l’Ophélie a des propriétés purement hypnotiques.

_ D'autres passions ?

Marcher dans la forêt en tandem avec mon mp3, la littérature et la langue anglaise.

_ Des projets ?

Aucun d’important, la vie et les études sont trop absorbantes et le dessin vient au jour le jour quand ça lui chante.

_ Des conseils pour les gens qui veulent se lancer ?

Le dessin est une activité très personnelle, alors à moins de suivre des cours (ce qui permet de progresser plus vite), l’idée est de définir par soi-même ce que l’on veut accomplir et y aller à son rythme. Bien entendu il n’y a pas de secret, il faut beaucoup d’heures de travail pour apprendre à dessiner, ça n’est pas « un don » qui tombe du ciel et tout un chacun peut s’améliorer grandement par la pratique régulière. Il n’y a aucune garantie que vous serez un Van Gogh au bout du compte mais la persévérance paye. Il ne faut pas oublier cependant que le dessin, comme toute passion, est une affaire de plaisir avant tout. L’idéal est de ne pas trop se focaliser sur le résultat (qui souvent un peu décevant quand on débute) mais sur le bien-être que nous apporte l’acte de dessiner en soi, c’est là que l’art réside, dans le cheminement et dans le geste.



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